top of page

Isa LISE est enseignante de formation, spécialiste de l'IEF et de la neurodiversité. Forte de son double regard de mère d'enfants neuroatypiques et d'adulte concernée, elle se met au service de votre famille.

Comment choisir ses supports pour l’IEF ? Les bonnes questions à se poser

  • Photo du rédacteur: Isa LISE
    Isa LISE
  • il y a 25 minutes
  • 8 min de lecture
Comment choisir ses supports pour l'IEF

Lorsqu'on commence l'instruction en famille, on s'inquiète rapidement du bon support et le premier réflexe est souvent de reproduire l'école à la maison pour s'apercevoir rapidement que ça ne convient pas.

Lorsqu'on poursuit l'IEF, face à une offre devenue très vaste, on peut se demander comment choisir.

Manuels, fichiers, activités ludiques, cours en ligne, cours par correspondance, programmes complets… Comment savoir ce qui correspond réellement à nos besoins et à notre projet d’instruction ?

Dans cet article, nous vous proposons de vous poser les bonnes questions afin de choisir rapidement et efficacement.



1- Un support qui me simplifie la vie


Quel est votre souhait ?

Tout déléguer, tout préparer ou conserver une marge de manoeuvre ?


Si vous souhaitez tout déléguer, les meilleures réponses pour vous seront les cours par correspondance, dans une certaine mesure les cours en ligne et nos programmes complets.

Ce type de supports vous simplifiera la vie. La question est maintenant de savoir s'ils répondent aux questions des parties suivantes.


Si vous souhaitez tout préparer, un cours par correspondance ne pourra pas vous convenir puisque vous allez consacrer énormément d'énergie à détricoter tout ce qui est proposé afin de réaliser votre propre solution.

Vous pourrez choisir de tout réaliser, ce qui est tout de même très énergivore et prend beaucoup de temps.

Ou bien vous pourrez sélectionner également des manuels, fichiers ponctuels ou kits thématiques.


Si vous voulez conserver une marge de manoeuvre, un cours par correspondance risque de s'avérer un frein au quotidien en raison des devoirs à rendre.

La meilleure solution sera donc de disposer de cours en ligne dans lesquels vous pourrez piocher, de manuels, fichiers et autres activités, de kits thématiques ou d'un programme du Monde de Mei et Noé dans lequel vous piocherez uniquement ce que vous souhaitez.


Pour les deux options précédentes, une question revient régulièrement :

"Est-ce que je vais encore passer mon dimanche soir à chercher quoi faire demain ?"

Conseil : Pour éviter de vous poser cette question chaque semaine, nous vous conseillons de ne pas courir d'un site à l'autre et de vous appuyer sur 1 à 3 références générales afin de limiter votre charge mentale.


2- Un support adapté à mon enfant et à mon projet d'IEF


Pour découvrir le(s) support(s) adapté(s) à votre enfant et votre projet IEF, plusieurs questions sont essentielles :

  • Quel rôle est-ce que je veux occuper ?

  • Qu'est-ce que je veux transmettre ?

  • De quoi mon enfant a-t-il besoin ?

  • Est-ce que je choisis ce support pour ses qualités pédagogiques ou parce qu'il me rassure ?

  • Est-ce qu'il répond à l'instruction telle que je la souhaite ?


"Quel rôle est-ce que je veux occuper ?"

Cette question reprend notamment la partie 1 : souhaitez-vous tout déléguer, une partie seulement ou bien rien ?

Quel rôle ce support vous donne-t-il ?

  • aucun,

  • exécutant des consignes,

  • accompagnateur,

  • guide,

  • observateur (celui qui observe, réagit, propose, adapte, accompagne).

Cela vous correspond-t-il ?


"Qu'est-ce que je veux transmettre ?"

Est-il essentiel pour vous de transmettre les notions scolaires et seulement elles ?

La plupart des supports répondront favorablement à cette question. C'est toutefois à nuancer car une qualité médiocre ne permettra pas l'acquisition des notions scolaires.


Est-il essentiel pour vous de proposer une solide culture générale à votre enfant ? Cette fois, de nombreux supports ne répondront pas à cette attente.


"De quoi mon enfant a-t-il besoin ?"

La question peut se poser de différentes façons et il existe plusieurs façons d'y répondre.

On peut se concentrer uniquement sur les acquis scolaires, les objectifs officiels et estimer que c'est ce dont l'enfant a besoin.

Ou bien on peut estimer qu'il s'agit surtout d'acquérir des connaissances et compétences de bases, mais aussi des connaissances et compétences autres (devenir autonome, savoir gérer un budget, développer l'empathie, etc.).

Toutes ces particularités nous animent fortement dans le Monde de Mei et Noé. Nous considérons qu'un enfant n'est pas un élève, mais un individu qui vit dans le monde qui l'entoure, qui y grandit et échange.


On peut aussi songer que les besoins diffèrent en fonction de l'âge de l'enfant : des apprentissages plus souples et beaucoup de manipulations pour les petits (ce qui nous semble essentiel), une plus grande implication pour les collégiens ou même un besoin de s'investir dans la société.


Les besoins de l'enfant instruit peuvent aussi être directement en lien avec sa personnalité, ses particularités : besoin de comprendre, besoin de bouger, besoin d'être actif, besoin de parler, etc.


Ils peuvent aussi dépendre de son profil neuroatypique. Ainsi, par exemple, un enfant autiste, un enfant avec un trouble dys, un TDAH ou avec des troubles neurovisuels aura besoin qu'on prenne en compte ses particularités, qu'on adapte la présentation et la formulation. Là encore, le Monde de Mei et Noé a choisi de s'y adapter.

Dans ce cas, plus encore que pour les autres besoins, il est essentiel de ne pas confondre "niveau scolaire" et besoins réels de l'enfant car celui-ci a besoin d'avancer à son rythme et en fonction de ses capacités du moment. Le plus important est qu'il progresse en toute confiance.


"Est-ce que je choisis ce support pour ses qualités pédagogiques ou parce qu'il me rassure ?"

Il peut être tentant de choisir un support parce qu'il ressemble à quelque chose de connu. Cela ne nécessite aucun effort de recherche et ça peut donner l'illusion qu'on va maitriser l'instruction et répondre aux attentes officielles. Or ce n'est pas nécessairement la réponse dont vous avez besoin.


C'est en particulier vrai pour les enfants qui étaient en souffrance à l'école. Comment un système qui les plaçait en difficulté peut-il leur correspondre en le reproduisant exactement à la maison ?

Est-ce que donner un peu plus de temps suffit à l'enfant ?

Est-ce que ce mini-groupe dans lequel il est (cours vidéo par exemple) lui permet d'apprendre comme il en a besoin ?


"Est-ce qu'il répond à l'instruction telle que je la souhaite ? "

Au final, est-ce que ce support nous propose une instruction telle que nous l'imaginons ?

Nous sentons-nous en accord avec l'instruction que nous vivons ?

3- Un support qui permet vraiment d'apprendre


Lorsqu'on choisit ses ressources pour pratiquer l'école à la maison, on souhaite que celles-ci permettent vraiment d'apprendre.


Or, trop souvent les connaissances sont oubliées à peine quelques jours plus tard !

C'est particulièrement un risque avec les supports brefs, décousus ou les cahiers à trous.


En effet, la mémorisation suppose plusieurs actions essentielles, en particulier :

  • l'intérêt

  • le geste d'attention, le fait de choisir à quoi prêter son attention,

  • la compréhension de ce qui va être retenu

  • la volonté de mémoriser

  • la mise en parallèle et l'évocation plutôt que l'absence de répétition ou la répétition sans réflexion

Un apprentissage vu une seule fois, dans un seul contexte et sans réapprentissage de celui-ci sera rapidement oublié.

Et c'est encore plus complexe lorsque l'enfant a un trouble d'apprentissage, nous ne développerons cependant pas dans cet article pour des raisons évidentes de sujet transversal.


Les supports envisagés répondent-ils aux impératifs d'une mémorisation réelle ?


De plus, y a-t-il un véritable fil conducteur comme c'est le cas dans nos programmes ou lorsqu'un enseignant propose un accompagnement annuel ?

Les apprentissages sont-ils structurés ?

S'il s'agit de fichiers isolés, si, de surcroit, ils sont réalisés par de nombreuses personnes différentes et qu'ils offrent une qualité inégale, il est plus que probable qu'ils ne le seront pas.

S'ils ne sont pas structurés entre eux, est-ce que cela vous convient ? Êtes-vous prêt(e) à fournir un effort supplémentaire pour tout analyser et parvenir à créer de la structure, une progression où il n'y en a pas ?


Enfin, dernière question et pas des moindres : les apprentissages ont-ils un sens ?

Beaucoup d'enfants sont bloqués en réalité car ils ne comprennent pas pourquoi ils apprennent. Ce matin, j'ai lu un article pour un futur collège alternatif près de chez moi. Le principe est d'ancrer fortement les apprentissages avec des activités manuelles (cuisine, bricolages, etc.). La future directrice anime déjà des ateliers. Or un des participants en difficulté scolaire s'est exclamé après avoir réalisé un projet pratique : "je comprends enfin pourquoi j'apprends !"

C'est exactement pour ça aussi que nous proposons des apprentissages concrets dans nos kits (plusieurs par programme).


4- Un support qui donne envie d'apprendre et de s'engager dans les apprentissages


Nous en avons parlé dans la partie précédente : un support efficace est un support qui donne envie d'apprendre.

Trop souvent, des parents nous écrivent qu'ils cherchent une autre approche parce qu'ils en ont assez des conflits autour des apprentissages et des larmes qui roulent sur les joues de leur enfant.


Qu'est-ce qui va donner envie à l'enfant de s'investir dans son support ?

Est-ce que si le contenu est déconnecté de ses intérêts, votre enfant parvient tout de même à s'impliquer ?

Est-ce que des copies zébrées de rouge le motivent ou bien au contraire, est-ce qu'elles le découragent ?

Est-ce que des petits commentaires comme "enfin tu as compris", "tu peux mieux faire" le poussent à s'améliorer ou bien est-ce que cela sape son moral ?

Est-il plus motivé par un support vivant que par un support passif où on lui demande seulement d'appliquer la leçon ?

Est-il acteur ou consommateur passif de ses apprentissages ?

Est-ce qu'il apprend mieux lorsqu'il prend plaisir à découvrir ?

Parfois, souvent même, aime-t-il compléter ses supports ?

Est-ce que ce qu'il apprend fait sens pour lui ?

Est-ce que vous constatez qu'il est heureux d'apprendre ?


5- Choisir un support auquel on peut faire confiance


Enfin, bien sûr il y a la question de la confiance.

Or comment la confiance est-elle possible si on ne peut identifier précisément l'auteur du support proposé ?

Qui est-il/elle ? Quelle est son expertise ?

En ce qui nous concerne, nous sommes des professionnelles formées et nous sommes également des expertes de l'IEF.


Les contenus sont-ils fiables et cohérents ?

La/les auteur(s) ont-ils réfléchi à une véritable progression ?

Ont-ils pris le temps de croiser les informations, d'utiliser des informations fiables ?

Ou bien se sont-ils contentés de connaissances glanées rapidement sur le net ou générées par l'IA sans travail de recherche approfondi, sans réelle vérification et sans structure réfléchie ?

Un kit thématique par exemple est bien plus qu'un cumul d'informations, c'est un travail de fourmi, de recherches, de sélection, de mise en cohérence, d'analyse des différentes formes d'intelligence à solliciter, des formulations à choisir, des angles d'approches, des mots à mettre en évidence, des images à sélectionner pour illustrer, etc.


Si on me promet une alternative pédagogique, est-ce vraiment le cas ?

Ou bien est-ce finalement un copié-collé de l'école ?

Y a-t-il une vraie réflexion pédagogique ?

Est-ce que cette réflexion est survolée ou réellement construite par des années de réflexion et de pratique ?

Y a-t-il une vraie progression ?


Il reste également une dernière question, celle de l'investissement financier et de la somme de fichiers mis à disposition.

On peut ainsi se demander si la quantité de supports est suffisante ou bien si elle n'est pas trop grande.

On peut se sentir en confiance parce que de nombreux supports sont à disposition pour un petit prix, parfois même gratuitement. Il convient pourtant d'examiner ces supports à la lumière des questions précédentes qui répondent à ce qui nous importe.

Une grande quantité ne signifie pas une vraie qualité. Et dans ce cas, il n'est pas certain du tout que ce soit une "bonne affaire".

Mais, a contrario, trop peu de propositions empêchent de choisir ce qui NOUS correspond. Or un contenu riche et varié permet de choisir et de créer l'instruction qui nous ressemble.


En conclusion, choisir ses supports, c'est choisir l'instruction qu'on propose à son enfant.

Choisir ses supports pour l’IEF, c’est finalement bien plus que choisir des fichiers ou des activités : c’est choisir ce que l’on veut faire vivre à son enfant dans ses apprentissages.

S'il fallait retenir une seule question essentielle, ce serait celle-ci :

« Ce support correspond-il réellement à l’instruction que je veux construire avec mon enfant ? »

C’est probablement la meilleure façon de ne pas se tromper.


Image pexels

Commentaires


bottom of page