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Isa LISE est enseignante de formation, spécialiste de l'IEF et de la neurodiversité. Forte de son double regard de mère d'enfants neuroatypiques et d'adulte concernée, elle se met au service de votre famille.

IEF : Mon enfant de 6 ans ne veut pas travailler

IEF : Mon enfant de 6 ans ne veut pas travailler

Vous y avez mis tout votre coeur et toute votre énergie, souvent vous avez investi financièrement et pourtant, votre enfant ne veut pas travailler. Vous vous sentez découragés et vous ne comprenez pas pourquoi.

Découvrons ensemble ce qui se passe et comment y remédier.



Pour aller plus loin, découvrez l'article détaillé.


Sommaire


IEF côté parent(s) : inquiétude et culpabilité lorsque l'enfant ne veut pas travailler


Avant d'observer l'enfant, réfléchissons ensemble à ce qui se joue ici.

En tant que parents IEF, nous nous sentons découragés, fatigués et souvent stressés lorsque l'enfant refuse nos propositions.


Très vite, nous pouvons être saisis d'un vertige : et si les détracteurs avaient raison ? Et si nous n'étions pas faits pour l'IEF ? Et si nous avions pris la mauvaise décision pour notre enfant ? Et si le contrôle pédagogique se passait mal ? Et si on nous refusait l'autorisation d'instruction ? Et si sa vie était un échec à cause de nous ?


Tandis que le stress grandit, nous pouvons être tentés d'entrer dans un bras de fer avec notre enfant. Il faut absolument qu'il comprenne ! Absolument qu'il apprenne. Absolument qu'il travaille. Les bras de fer permettent parfois d'obtenir un résultat sous contrainte, ce résultat est rarement efficace et aboutit souvent à un découragement scolaire...


A ce moment-là entre en scène le dilemme personnel : souvent, nous avons choisi l'instruction en famille afin que notre enfant suive son rythme d'apprentissage naturel (84,7 % en 2018) et pour qu'il apprenne dans une ambiance détendue et en confiance (66,7 %), nous pensons à l'élan naturel de l'enfant pour apprendre, nous pensons à son bien-être et nous nous sentons coupables ! Il est alors important de recentrer les choses et de comprendre ce qui se passe.


Recentrage :

  • Qu'est-ce qui est le plus important pour vous ?

  • Quels sont les apprentissages les plus essentiels selon vous ?

  • Quel temps êtes-vous prêt(e) à offrir à votre enfant pour y parvenir ?


IEF : 7 principales raisons du refus de travailler

IEF côté enfant qui ne veut pas travailler : 7 raisons principales


Un enfant peut refuser les apprentissages scolaires pour plusieurs raisons, nous vous proposons de découvrir les 7 principales.


1- Pression ressentie

Cette pression peut être propre à l'enfant ou bien elle peut être liée au(x) parent(s), de façon plus ou moins consciente.

On peut ainsi insister fortement parce qu'on pense indispensable tel ou tel apprentissage et telle ou telle durée d'apprentissage.

Ou bien ressentir une forte pression soit parce que l'extérieur fait peser cette pression sur nous et notre enfant, soit parce qu'on a grandi avec l'idée qu'il faut assurer.


Or un enfant qui se sent trop pressurisé réagit de deux façons :

  • il veut satisfaire à tout prix à ce qu'on attend de lui, parfois jusqu'à l'épuisement ou la négation de lui-même et de ses besoins.

  • il entre en rébellion et répond fréquemment par un "non". Y compris si une part de lui a envie de découvrir ce qu'on lui propose !


🎈Alléger la pression pour soi et pour l'enfant, c'est retirer un premier blocage.


2 - Fatigue

L'impact de la fatigue est souvent sous-évalué.

Bien sûr, on pense à elle lorsqu'on a eu un week-end un peu chargé par exemple. Mais y pense-t-on au cœur de l'hiver ? Fréquemment non, or ce n'est pas pour rien si tant d'animaux hibernent ou hivernent et si les plantes entrent en dormance.

Et nous les humains, pendant ce temps, nous nous agitons souvent dans tous les sens.

Plus l'enfant est petit, plus il tend vers l'instinct naturel de ralentir le rythme !


La fatigue croît également plus vite chez l'enfant qui grandit beaucoup (adolescents notamment) et chez l'enfant à profil neuroatypique.


🛌🏻 Ralentir, prendre le temps de vivre et de se reposer, ça soulage au quotidien.


3- Un profil neuroatypique non identifié ou des particularités non prises en compte

Un enfant avec des difficultés d'apprentissage et/ou un besoin d'accélération a besoin qu'on le comprenne et qu'on en tienne compte lors des propositions d'apprentissage.


🧠 Si vous vous interrogez, des fichiers gratuits proposés dans notre boutique peuvent affiner vos réflexions.


4- Le piège du trop

Séances trop courtes ou trop longues.

Séances trop simples ou trop complexes.

Trop de notions nouvelles rapprochées.

Trop de consignes ou trop à décrypter dans une consigne.

Trop d'abstraction alors qu'il n'est pas prêt !


Une séance non adaptée à l'enfant unique qui est le nôtre peut tout bonnement bloquer son envie d'apprendre parce qu'il a l'impression que c'est encore trop.

Dans un sens ou dans l'autre.


🖐🏻Découvrir et limiter les trop pour notre enfant, c'est lui offrir l'oxygène dont il a besoin.


5 - Le blocage psychologique

Un enfant préoccupé par un problème, y compris s'il n'est pas directement concerné et si ce problème n'est pas lié aux apprentissages, est un enfant qui peine souvent à se concentrer.

Et plus il est sensible, plus cette réalité est vraie.


Il peut également avoir une peur panique de se tromper ou même de ne pas être parfait.

Certains enfants préfèrent ainsi ne pas essayer plutôt que risquer le moindre échec ou même la moindre mise en difficulté.


Il peut aussi se sentir seul face à ses difficultés et rendre concret l'isolement qu'il ressent en refusant tout ou presque.


🛑Comprendre ce qui bloque, encourager l'enfant à exprimer ce qu'il ressent, c'est lui permettre de sortir de l'isolement qu'il ressent et lui permettre de se tourner vers autre chose.


6 - L'absence de motivation

L'enfant peut aussi tout simplement ne pas être motivé par ce qu'on lui propose en particulier et par les apprentissages scolaires en général !

Chacun de nous a besoin d'une motivation pour s'investir dans ce qu'il fait.


L'enfant et encore plus l'enfant de 6 ans ou moins n'a généralement pas une vue à long terme.

Lui ne fait pas de "plans sur la comète". Le futur n'existe pas vraiment pour lui. Il vit dans l'instant et l'instant, c'est ce qu'il prend plaisir à faire !

On dit régulièrement que l'enfant ne pense qu'à jouer, mais ce n'est pas vrai. Le petit enfant aime aussi réaliser des projets, avoir des responsabilités.

Parfois, pour plaire ou faire plaisir à quelqu'un.

Mais aussi pour lui !


Le petit enfant aime découvrir et apprendre.

Regardez-le : les petits sont très souvent curieux et bavards. Ce n'est pas pour rien ! Ils ont un appétit insatiable pour découvrir le monde.

Encore faut-il choisir le bon canal.


Si on parle à l'enfant de 6 ans de "il faut que", on ne parle généralement pas le même langage que lui.

C'est sa motivation qu'il faut aller chercher.

Et parfois, il faut se rendre à l'évidence : l'approche scolaire habituelle ne lui correspond pas du tout !


💓Suivre sa motivation naturelle, c'est le meilleur moyen de lui permettre d'apprendre durablement, efficacement et régulièrement.


7 - Le besoin de nous

Là aussi, c'est un besoin qui est souvent sous-estimé. Cependant, plus souvent, chez les grands.

Parfois, on veut tellement rendre notre enfant autonome, tellement faire bien qu'on oublie que l'enfant a avant tout besoin de notre présence.

Pas tout le temps. Néanmoins, il a besoin d'une vraie présence active auprès de lui. Quelqu'un qui le regarde vraiment. Et c'est encore plus vrai chez les petits et pour les enfants hypersensibles.


🗓️Un temps inscrit clairement dans le planning : à ce moment précis, c'est moi qui suis prioritaire pour maman/papa, ça peut souvent tout changer !


IEF : enfant qui ne veut pas travailler, 3 réponses possibles


Face à l'enfant qui ne veut pas travailler : 3 réponses possibles


1- Le bras de fer

C'est généralement la réponse faite à l'école.

Or l'enfant est rarement convaincu et fréquemment, il se crispe et réagit en apprenant à se nier ou en entrant en rébellion...

En IEF, nous avons d'autres alternatives à notre portée.


2- L'unschooling

L'unschooling, ce n'est pas le renoncement, ce n'est pas estimer que l'enfant va se débrouiller seul.

L'unschooling, c'est placer l'enfant au centre et ne pas imposer.

L'adulte cherche, propose et s'adapte. L'enfant dispose et lui-même, petit à petit, imagine ses propres façons d'apprendre.


Problème : aujourd'hui, en France, il est très compliqué d'assumer le unschooling car cela suppose de trouver des interlocuteurs bienveillants et informés. Or la volonté de scolariser au maximum tend à étouffer les volontés de compréhension d'une autre façon d'apprendre.

Pourtant, cette façon d'apprendre est efficace. Fanny, notre précieuse collaboratrice, a grandi avec le unschooling.


3 - S'adapter

Cela suppose de prendre en compte les principales raisons d'un refus d'apprendre et de réaliser que chaque enfant est unique, qu'il évolue tout au long de sa vie et que donc les réponses à lui proposer peuvent être différentes !


Le cadre et l'organisation

  • 🏠 Evoluer dans un cadre rassurant.

  • 🕰️ Instaurer une routine. Il est souvent plus difficile de se lancer dans quelque chose d'inhabituel alors que le corps et le cerveau apprécient ce qui est routinier car cela leur demande moins d'énergie.

  • 💹 Être cohérent, proposer une progression logique. 

  • 👄 Formuler des consignes claires et apprendre à l'enfant à les décrypter.

  • 🎯 Rendre l'objectif visible et atteignable : plus l'enfant est petit, plus il est important que l'enfant visualise un résultat à court terme. Il se fiche de savoir lire pour travailler plus tard, en revanche, il peut avoir envie de lire pour découvrir ce livre qui le passionne !


Le lien et l'entrée en matière

  • 📚🎲 Commencer par un rituel qui vous lie : moment de lecture partagée où vous lisez une histoire seul(e) ou avec votre enfant (uniquement s'il le souhaite), vidéo "mise en bouche", jeu éducatif, etc.

  • 🖐🏻 Bénéficier d'une présence privilégiée quotidiennement, surtout s'il a 6 ans.

  • 🎁 Lui proposer des vignettes à collectionner (images de son choix et pré-imprimées avec un mot clé) lorsqu'il a relevé tel ou tel défi. Cette astuce me semble à utiliser avec modération et surtout chez l'enfant petit afin qu'il visualise mieux un objectif.


Le rythme et le mouvement

  • 🏐 Définir un temps de jeu avant de réaliser les apprentissages et savoir de façon certaine qu'à tel et tel moment de la journée, il y aura d'autres moments de jeu.

  • ⏹️ Faire des pauses régulières si l'enfant le souhaite et en faire peu ou pas si l'enfant préfère simplement changer d'activité. Ici, par exemple, il n'y avait pas de "récré", sinon les filles se sentaient coupées dans leur élan.

  • 🔎 Certains enfants apprécient les activités concentrées durant 20 mn puis une pause jeu ou sport puis de nouveau activités plus concentrées. Certains n'aiment pas du tout ce rythme haché. Vous pouvez tester et voir ce qui convient à VOTRE enfant.

  • Lui proposer des défis minutés : pendant dix minutes maximum par exemple, il va écrire.


L'autonomie et les projets

  • 📆 Lui proposer des missions : en début de semaine ou sur un tableau à scratch, proposez-lui les activités à réaliser dans la semaine. Libre à lui d'organiser son planning à sa guise !

  • ✏️ L'encourager à réaliser des projets personnels : un jardin, des projets culinaires, un mini terrain de foot avec les copains, un journal façon Freinet (où l'enfant raconte des moments choisis, des visites, des textes inventés, des jeux créés, etc.) ou le suivi d'une passion avec nos kits thématiques par exemple.


✏️Chaque enfant est unique. En choisissant l'adaptation plutôt que le bras de fer, vous ne faites pas que lui apprendre à lire ou à compter : vous lui apprenez que ses besoins comptent et ce qu'est l'adaptation (une qualité essentielle dans notre monde changeant).

Et vous, avez-vous déjà testé une de ces pistes et qu'est-ce qui a fonctionné ? N'hésitez pas à partager vos expériences en commentaire afin que d'autres parents puissent en bénéficier.


Les images sont issues de Pexels.

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