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Isa LISE est enseignante de formation, spécialiste de l'IEF et de la neurodiversité. Forte de son double regard de mère d'enfants neuroatypiques et d'adulte concernée, elle se met au service de votre famille.

Comment aider son enfant en difficulté en s'appuyant sur ses forces?

Dernière mise à jour : 16 mars

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Lorsque les difficultés scolaires pointent leur nez, notre regard sur l'enfant peut devenir inquiet et parfois critique. Comment va-t-il avancer ? Réussira-t-il sa vie ? Or, un enfant est bien plus que ses difficultés et, en réalité, c'est en s'appuyant sur ses forces qu'on va véritablement aider son enfant en difficulté scolaire.


Comment aider son enfant en difficulté scolaire : ne plus le regarder par le prisme des échecs


En tant que parents, nous voulons le meilleur pour notre enfant. Alors, lorsqu'on découvre que son parcours est compliqué — et c'est encore plus vrai, lorsque l'enfant souffre d'un TND (Trouble Neurodéveloppemental) — , on s'inquiète particulièrement.


Si l'entourage, si les représentants scolaires (enseignant, inspecteur ou conseiller pédagogique) s'en alarment également ; si le suivi par des professionnels est complexe ; si on tombe dans le piège de la comparaison, on peut finir par ne plus voir que les difficultés et plus l'enfant.


Or, d'une part, nous en parlions dans notre article "Difficultés scolaires de l’enfant : au-delà du diagnostic, comprendre ses besoins réels pour mieux l'accompagner", une particularité ne dit que peu de choses de l'enfant en réalité car les besoins peuvent être différents. Et, d'autre part, l'enfant peut être tenté de se définir par ses échecs et penser qu'il est "nul".


Si bien des tentatives ne permettent pas à l'enfant de sortir de ce cycle infernal d'échecs, c'est parce qu'on prend trop souvent le problème à l'envers.


Des bons points, des tableaux de récompense sont censés le motiver. C'est méconnaître la seule véritable motivation qui fonctionne durablement : la motivation interne. C'est aussi entretenir le mythe du "quand on veut, on peut". La volonté est essentielle, mais insuffisante !


De la même façon, chercher à régler les difficultés est en fait énergivore et décourageant !


Lorsque j'ai débuté l'instruction en famille de mes enfants, je suis aussi tombée dans ce piège. J'ai utilisé ma "jolie" formation d'enseignante, pris le problème à bras-le-corps et il m'a fallu un certain temps pour comprendre qu'il fallait changer d'approche.


Elles ont réussi leur bac, brillamment pour l'une, pas parce qu'elles sont des "génies", mais parce que j'ai axé toute leur instruction sur leurs forces, délaissant leurs difficultés les plus grandes.


Identifier les forces de son enfant en difficulté scolaire

Identifier les forces de son enfant


En mettant l'accent sur les forces de son enfant et en l'aidant à les développer, on lui permet de gagner confiance en lui et d'avancer plus sereinement.

Mais comment identifier les forces de son enfant ? Et de quelles forces s'agit-il ?


De quelles forces s'agit-il ?

En fait, on peut définir différents types de forces :

  • Compétence particulière dans un domaine (sport, art, invention, cuisine, langue, bricolage, etc.). Ces compétences peuvent être innées ou acquises, elles gagneront à être développées à force de pratique.

  • Qualités internes : curiosité, créativité, enthousiasme, sensibilité, gentillesse, sens de l'humour, capacité à dédramatiser, persévérance, sens du détail, capacité à rebondir, capacité de synthèse, sens de l'organisation, etc.

  • Capacité à nourrir sa motivation interne.


Comment identifier les forces de son enfant ?

On peut identifier les points forts de son enfant de différentes façons :

  • Par l'observation au quotidien.

  • Par le "détournement des défauts" : un enfant qui parle beaucoup déborde d'énergie et souvent de curiosité, un enfant réservé est fréquemment observateur, un enfant qui bouge beaucoup est dynamique, un enfant rêveur a souvent un monde intérieur très riche et est donc fréquemment créatif, etc.

  • Par l'utilisation d'un test des intelligences multiples ou de notre fichier "Intelligences multiples"

  • Par l'utilisation de tests visant à mieux se connaître.

  • Par l'essai : ainsi, certains ne savent pas encore que quelque chose va les passionner avant d'avoir essayé. Encourager à essayer ne signifie bien sûr pas "forcer" car le rendez-vous pourrait être manqué ! Au contraire, l'encouragement rassure.


Voici quelques points sur lesquels vous pouvez particulièrement être vigilant(e) :

  • Qu'est-ce qui l'intrigue régulièrement ?

  • Qu'est-ce qui lui plaît le plus ?

  • À quelle occasion peut-il rester concentré des heures ?

  • Qu'est-ce qu'il comprend souvent très vite ?

  • Qu'est-ce qu'il réussit souvent très bien ?

  • De quoi peut-il parler longuement ?

  • Quel genre de défis se lance-t-il à lui-même ?

  • Qu'est-ce qu'il propose spontanément ?

  • Quand est-ce qu'il propose son aide, souvent avec enthousiasme ?


Aider son enfant en échec scolaire grâce à ses forces

Utiliser ses forces pour l'aider à dépasser ses difficultés d'apprentissage


L'encouragement des forces de l'enfant lui permet de développer joie immédiate, bonheur durable et confiance en lui !


Alors que se focaliser sur ses difficultés le vide de son énergie, développer ses forces le rend plus fort et lui permet de remplir son réservoir d'énergie. Une énergie précieuse pour le quotidien et les apprentissages de type scolaire.


De plus, en explorant ses passions, l'enfant n'est pas sans connaître des moments d'échec. Les échecs sont d'ailleurs fréquemment ce qui nous permet d'avancer car nous devons chercher une solution et solliciter nos ressources internes.


Puisque l'enfant est pleinement impliqué dans sa passion, il gère bien mieux les moments de déséquilibre et de difficultés. Or, en dépassant les échecs ponctuels, il gagne confiance en lui et apprend qu'il peut réussir même lorsque c'est compliqué !


En outre, en pouvant libérer et augmenter son potentiel, l'enfant développe sa motivation interne. Une motivation indispensable pour gérer tous les apprentissages.


Enfin, on gagne à utiliser ses forces directement dans les apprentissages scolaires.


Par exemple :

  • Un enfant qui aime dessiner pourra réaliser des sketchnotes (prise de notes avec des dessins).

  • Un enfant amateur de détails pourra repérer des erreurs dans un texte comportant des erreurs orthographiques afin de progresser en orthographe.

  • Un enfant qui a besoin de bouger pourra sauter en apprenant une leçon ou bien il pourra la mimer ou bien encore manipuler des flashcards ou autres jeux.

  • Un enfant qui aime classer pourra compléter des tableaux, classer des notions, etc.


On pourra également utiliser directement la passion de l'enfant. Par exemple, avec un garçon que j'accompagnais, j'étais partie de son intérêt pour les chevaux pour découvrir ensemble des informations sur les chevaux, calculer ce qu'il devait manger, etc.

J'avais en effet procédé de la même façon avec mes filles, c'est comme cela que j'ai découvert la pédagogie de projet, tout d'abord avec les timides mises en pratique telles qu'on les pratique à l'école, puis avec l'immersion complète proposée par le Monde de Mei et Noé.


En conclusion, il existe trois chemins lorsque l'enfant est en difficulté scolaire, qu'il soit neuroatypique ou pas :

  1. Celui où on se focalise sur ses erreurs et qui malheureusement conduit souvent à un échec croissant, à une perte de confiance en soi et régulièrement à un décrochage scolaire.

  2. Celui où on se centre sur ses réussites et où on l'encourage à développer ses forces.

  3. Celui où on oscille entre les deux.


Le chemin est rarement linéaire car nous sommes partagés entre nos craintes, notre amour infini et inconditionnel (indispensable à rappeler à notre enfant) ainsi que les pressions internes et externes.


Alors posons-nous la question : quelle relation voulons-nous avec notre enfant ?

Une relation basée sur les tensions ou sur la confiance ?


Et si nous devenions un juste miroir ?

Un parent qui renvoie à son enfant toute la fabuleuse lumière qui est en lui.


Image 1 : Pexels, image 2 : pixabay

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