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Mon enfant est-il précoce ? Comment identifier un enfant à haut potentiel ?

Dernière mise à jour : il y a 6 jours


Identifier un enfant à haut potentiel, précoce, surdoué

Etre ou ne pas être zébré, telle est la question.

Les termes fleuristes pour une même réalité. Même réalité ? Pas tout à fait, nous y reviendrons dans l'article, cela n'a cependant pas à voir avec l'appellation.


Zèbre, surdoué, haut potentiel, HPI, doué, APIE, précoce, philo-cognitif, des noms différents pour une même réalité

Si les termes changent, ils tendent à désigner une même réalité. Pourtant, aucun d'eux n'est parfait, c'est donc un choix personnel d'opter pour l'un ou l'autre.

Zoom pour chacun.

  • Précoce : ce terme impliquerait une avance à un moment M. Or la réalité est qu'on ne cesse pas d'être "précoce", cela n'a donc aucun sens de définir les particularités par une "avance". De plus, il est possible d'avoir un haut potentiel et de souffrir de dyslexie, dyspraxie, etc.

  • Doué et Surdoué supposerait des dons exceptionnels, ce qui n'est pas toujours le cas. De plus, quel que soit le potentiel, le fonctionnement cérébral, nous avons tous des dons. Ils ne sont simplement pas toujours ceux auxquels on prête attention. Ces appellations peuvent de plus irriter et donner à croire à une prétention.

  • Haut potentiel et HPI : une même réalité pour ces deux termes puisque le second signifie "Haut Potentiel Intellectuel". Conscients que le potentiel n'est pas toujours manifeste ou exploité, l'accent est cette fois mis sur la notion de potentiel intellectuel particulièrement important chez la personne concernée.

  • Philo-cognitif : cette appellation est récente, elle a été créée par Fanny Nusbaum, Olivier Revol et Dominic Sappey-Marinier. Elle se base sur le fait que les personnes concernées réfléchissent différemment et ne peuvent cesser de penser. Ce choix est intéressant car il se centre sur le mode de fonctionnement "zébré".

  • Zèbre : terme choisi par Jeanne Siaud-Facchin. Longtemps, Isa LISE a privilégié ce terme amusant même si quelque chose lui déplaisait sans cerner exactement quoi... et puis nous avons réalisé un kit sur la savane africaine. Le zèbre est un animal qui vit en groupe, un animal opportuniste, un animal qui finalement se démarque seulement par ses rayures, des rayures qui se voient donc. Où sont les marques visibles sur la personne à haut potentiel ? Les personnes à haut potentiel sont-elles des animaux grégaires ? opportunistes ?

  • APIE : terme imaginé par Jean-François LAURENT. Ce joli nom poétique et joyeux insiste sur l'atypisme dans l'intelligence et l'émotion. (Atypique Personne dans l'Intelligence et l'Emotion). Avec Jean-François, gentillesse et simplicité sont de mise. Pour l'enfant concerné, aucune attente, aucun caractère extraordinaire, simplement une différence.


Peut-on identifier scientifiquement le haut potentiel ? Réflexion sur les tests de QI

En théorie, oui.

La pratique est bien plus complexe.

L'outil de référence, ce sont les tests de QI ou WISC ou WAIS pour les adultes.

Un pré-test est disponible sur Enfants précoces.

Plusieurs soucis se posent :

- un enfant intelligent et très "nourri" intellectuellement va présenter certaines facilités, cela signifie-t-il toujours qu'il a un mode de fonctionnement particulier ?

- un enfant en dépression, qui se déprécie énormément ou qui "n'a pas envie" peut saborder ses résultats.

- un enfant avec un profil hétérogène (trouble associé) n'obtient pas un score juste et il est régulièrement conclu qu'on ne peut mesurer son QI.

- les tests se basent partiellement sur les acquis scolaires, ce qui ne sera pas forcément le cas d'un enfant non scolarisé qui pourrait avoir d'autres compétences.

C'est pourquoi seuls des spécialistes compétents peuvent émettre une conclusion. Pour y parvenir, ils se basent sur d'autres éléments non quantifiables et sur une observation attentive de l'enfant.

Pour poursuivre la réflexion, article de Sciences et Avenir.


Quelques repères d'âge

En principe compétences acquises :

  • 2 à 3 mois : Sourire réponse

  • 3 à 6 mois : Gazouillis

  • 9 mois : Répète une syllabe (mama, baba, papa, etc.)

  • 12 à 18 mois : Apparition du langage

  • 24 mois : Tour de 4/6 cubes. Association de deux mots.

  • 3 ans : Pont de 3 cubes. Puzzle de 4 morceaux

  • 3 ans 1/2 : Tour de 10 cubes. Le langage devient riche.

  • 4 ans : Couleurs connues.

Ces indications sont des moyennes informatives.


Des points communs entre enfants à haut potentiel ?

Certains ouvrages, sites ou articles sont très valorisants pour les enfants "doués", d'autres sont au contraire alarmants et, à cause de cela, il n'est pas rare de voir des parents catastrophés suite à la découverte du haut potentiel de leur enfant. Ce n'est cependant pas une catastrophe, votre enfant est toujours le même et beaucoup s'en sortent très bien. De la même façon, ils ne sont pas plus exceptionnels que les autres, certains sont même parfois très injustes ou tyranniques : l'attitude, c'est aussi une question de vécu et de caractère. Un fonctionnement cérébral différent n'explique/n'excuse pas tout, y compris les soucis de comportement. Par exemple, on peut être bagarreur et non zébré. Se battre est plus fréquemment lié à un problème d'exemple (en famille ou à l'école) et/ou à une difficulté à exprimer ce qui ne va pas.


Voici quelques particularités qui tendent à être présentes:

  • Langage : certains parlent très tôt, d'autres non. Un bon nombre apprécient les jeux de mots.

  • Curiosité insatiable. la majorité des petits sont curieux. Tous passent par un "cap des pourquoi" autour de 3 ans. Cependant, l'enfant zébré accumule les questions, sa curiosité ne se réduit pas à ce cap particulier. De plus, généralement le cap des pourquoi a lieu avant 3 ans. L'enfant "précoce" enchaine alors les pourquoi avec une certaine logique, par exemple il ne passe pas des nuages à la voiture sans vraiment attendre de réponse, il s'interroge sur les nuages et si on lui répond que ceux-ci sont porteurs de pluie, il cherche à connaître l'utilité de la pluie, etc.

  • Compréhension rapide: en règle générale une à deux explications suffit/suffisent.

  • Grande mémoire : très fréquente, celle-ci est à nuancer pour les enfants avec difficultés d'apprentissage.

  • Lecture précoce. A nuancer pour les dyslexiques ou ceux ayant une dyspraxie visuo-spatiale même si l'intérêt pour les livres est généralement présent très tôt (manipulation alors que l'enfant est encore un bébé).

  • L'hyper sensibilité : fréquemment, l'enfant "doué" est très vite touché, blessé. Attention de ne pas confondre cependant hypersensibilité et empathie, certains sont très affectés par toute injustice qui les concerne et semblent peu affectés par celles qui touchent autrui.

  • La gestion des émotions : conséquence de l'hypersensibilité si elle est présente, la gestion des émotions peut être très difficile. Un zèbre éprouve généralement des difficultés à gérer ses émotions, surtout lorsqu'il est jeune. Il peut ainsi être susceptible et/ou émotif, notamment car le sentiment d'injustice ressenti est fréquent.

  • L'hyper sensorialité : un ou plusieurs de ses sens peuvent être très développés sans que l'hyper sensorialité soit systématiquement présente. Par conséquent, par exemple, un enfant à haut potentiel peut supporter difficilement le bruit.

  • La demi-mesure? Où ça la demi-mesure? très souvent l'APIE n'est pas dans la demi-mesure. C'est encore plus vrai à l'adolescence. Les sentiments sont passionnels, extrêmes. Les comportements le sont fréquemment aussi. En outre, ils ont tendance à être perfectionnistes ou au contraire, à "faire le minimum syndical".

  • Les questions existentielles : souvent il se demande pourquoi il existe, ce qu'il fait sur Terre, pourquoi la Terre va mal, pourquoi il y a tant de choses négatives qui se produisent. Ce sont des enfants qui s'interrogent souvent tôt sur l'existence d'un Dieu et ce qui se produit après la mort (dès 2 ou 3 ans pour certains).

  • Les troubles du sommeil : à cause de ces questionnements, l'enfant souffre souvent de troubles du sommeil. Cauchemars, bruxisme et somnambulisme ne sont pas rares.

  • L'esprit critique : l'enfant zébré cherche, il a besoin de comprendre. Il a besoin de trouver du sens à ce qu'il fait et si l'adulte a tort, il est fréquent qu'il le reprenne. Il a souvent besoin d'entendre et utiliser le mot juste.

  • Les centres d'intérêt : on a coutume d'évoquer l'intérêt des enfants APIE pour les dinosaures. Or quasiment tous les enfants s'intéressent aux dinosaures. La particularité du petit zèbre, c'est de s'y intéresser très tôt et souvent très durablement. De la même façon, il n'est pas rare qu'il s'intéresse à des civilisations anciennes, toujours à cause de cette quête de sens. De plus, fréquemment il se passionne pour tel ou tel sujet et il a besoin de l'explorer.

  • La légende des mathématiques : une légende particulièrement tenace puisque systématiquement les personnes surdouées présentes dans les films ou livres sont particulièrement douées en mathématiques. Or d'une part, on peut exceller en jonglerie de chiffres et ne pas être à haut potentiel ; d'autre part, certains HPI se désintéressent des nombres à un moment M ou peuvent rencontrer des difficultés en raison de leur profil hétérogène.

  • Le décalage avec les autres : fréquemment l'enfant concerné éprouve des difficultés à trouver sa place auprès des enfants du même âge que lui. Ses centres d'intérêt sont souvent différents. Certains parviennent toutefois à se fondre dans un groupe, ce sont de véritables caméléons.

  • Une vie intérieure riche : on cite régulièrement le désintérêt, la non écoute de l'enfant ou adolescent zébré lorsque le sujet ne le passionne pas. Pourtant si on regarde avec attention tous les enfants, on s'aperçoit que ce n'est finalement pas une particularité. En revanche, la vie de l'enfant zébré est souvent particulièrement riche ainsi il peut se réfugier dans celle-ci et ne pas chercher à se mêler aux autres ou bien totalement perdre pied pendant un apprentissage car il est accaparé par sa vie intérieure (mieux se comprendre lui-même ou monde imaginaire).

  • La pensée en arborescence : généralement l'APIE a une pensée en arborescence, c'est-à-dire qu'il est capable de jongler d'une idée à l'autre et qu'une idée est comme un tiroir duquel s'échapperait en même temps de nombreuses informations. Certains excellent à retrouver l'information pertinente au bon moment quand d'autres s'égarent dans ces informations. Ils doivent alors apprendre à "poser leur cerveau".

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