Dysgraphie ou Dysgraphie ?

Mis à jour : 24 sept 2019


Un même nom pour des difficultés très différentes : difficultés pouvant être résorbées ou difficultés qui ne le seront jamais.


Leur point commun : une écriture difficile à lire la plupart du temps, une fatigue gestuelle, souvent des douleurs.


Aujourd'hui, je vous propose une réflexion à ce sujet et des pistes pour accompagner.


Dysgraphie ou Dysgraphie ?

  • Situation 1 : L'enfant ne s'applique pas pour écrire parce que pour l'instant, il n'en voit pas l'intérêt.

  • Situation 2 : L'enfant souffre de troubles de l'attention. Il peut avoir envie (ou pas) de bien écrire, mais ses difficultés attentionnelles l'empêche de se concentrer sur l'acte d'écriture.

  • Situation 3 : L'enfant est complexé et/ou perfectionniste, parfois parce que l'imposition de modèles pour écrire ne correspondait ni à son rythme ni à sa façon d'apprendre. Comme c'est difficile, il bâcle ou se crispe. Il écrit mal.

  • Situation 4 : Un mauvais démarrage avec des positions douloureuses choisies, positions qui compromettent l'acte d'écriture.

  • Situation 5 : Une difficulté à se repérer dans l'espace, problèmes de vue ou autre. L'enfant peine à savoir où poser son crayon, comment s'orienter sur la ligne.

  • Situation 6 : Un décalage entre maturité intellectuelle et maturité physique, c'est ce décalage qui conduit à penser que de nombreux enfants à haut potentiel (précoces, doués, etc.) sont dysgraphiques. Personne ne sera surpris qu'un enfant de 5 ans éprouve des difficultés à écrire autant qu'un enfant de 8/9 ans. Et pourtant, on oublie très souvent l'âge physique de l'enfant à haut potentiel lorsqu'il est dans une classe d'âge différente de son âge. Ce n'est pas parce que son esprit est rapide que son corps se développe plus vite.

  • Situation 7 : La dysgraphie-dyspraxie qui ne se résoudra pas avec le temps et la rééducation.

  • Situation 8 découverte grâce à Emma : "un problème de tonus, ils ne parviennent pas à gérer leur tonus, soit il est trop tonique (hypertonie), soit pas assez (hypotonie). Seule une psychomotricienne, ou un psychomotricien, peut établir un bilan tonique et proposer une rééducation du tonus. "

Accompagnements possibles :


  • Délier les doigts

  • Muscler les doigts

  • Apprendre à positionner sa main : http://www.sos-ecriture.fr/2016/01/tenue-de-crayon-pourquoi-il-est-crucial.html

  • Le temps de découvrir les bonnes positions, adopter un crayon qui permet de visualiser où poser les doigts, exemple Easy start Stabilo. Il est également possible d'utiliser des guide-doigts, le problème des guide-doigts selon moi est qu'ils s'ajoutent, le geste me semble donc un peu moins évident à automatiser.

  • Adopter un crayon qui permet d'avoir une écriture plus fluide, par exemple Bic Triumph, pointe 0.5. Une pointe aussi fine n'a pas une grande importance pour quelqu'un sans difficultés, mais pour un dysgraphique les lettres sont plus difficiles à former, la finesse de la pointe est donc indispensable.  Atout indispensable de ce crayon : il est facile à prendre en main puisque la zone de saisie est fine.

  • Donner du temps aux enfants pas encore prêts.

  • Donner du temps, confiance en soi et rassurer les enfants complexés et/ou perfectionnistes

  • Régler le problème de repérage dans l'espace lorsque c'est nécessaire : lunettes par exemple ou rééducation orthoptique.

  • Proposer un ordinateur lorsqu'il y a décalage physique/intellectuel et que les situations placent l'apprenant dans "l'urgence d'écrire", le temps que ce décalage disparaisse. Il est dommage qu'aujourd'hui on soit quasi-sytématiquement obligé de passer par la case handicap alors que cette particularité est amenée à disparaitre avec le temps ! L'enfant peut alors avoir une vision erronée de lui-même, vision qui peut compromettre certains apprentissages et son estime de lui. De plus, on peut encourager l'écriture manuelle dans les autres situations.

  • Proposer un ordinateur lorsque les troubles de l'attention (certains disparaissent avec le temps) si ceux-ci posent de tels problèmes que l'écriture est un acte très difficile à gérer dans les situations d'écriture imposées.

  • Proposer un ordinateur pour les enfants/ados/adultes dysgraphiques-dyspraxiques. Comprendre que la difficulté restera. L'utilisation d'un crayon sera possible ponctuellement, mais il est indispensable que ce soit un choix car la personne dyspraxique est toujours en double tâche et qu'un geste même a priori automatisé peut être oublié ou en tout cas nécessiter de gros efforts qui se soldent à terme par une écriture torturée.

4 commentaires