Identifier la dyspraxie : Une ou des dyspraxies


La dyspraxie ou Trouble de l’Acquisition de la Coordination (TAC) est un trouble neurologique.En réalité on devrait parler de dyspraxies au pluriel puisqu’il est possible d’être affecté par une ou plusieurs formes de dyspraxie. Leur point commun est la difficulté pour planifier, coordonner et automatiser certains gestes, cela se traduit par des troubles de la coordination visuels et/ ou des muscles et des articulations. Régulièrement les personnes dyspraxiques sont taxées de maladresse alors qu’il s’agit d’un trouble neurologique.

La dyspraxie est un trouble durable. Une "dyspraxie" qui passe en 6 mois n'est pas une véritable dyspraxie

Les différentes dyspraxies sont à présentées en un regard sur la carte heuristique.

Détails :

Dyspraxie constructive non visuo-spatiale

= difficultés à assembler (bricolages, puzzles, légos, etc.)

Cette dyspraxie est souvent associée à la dyspraxie visuo-spatiale.

Repères d'âge (à titre indicatif)

  • A 2 ans, tour de 4 à 6 cubes

  • A 3 ans, pont de 3 cubes, puzzle de 4 morceaux

  • A 3 ans 1/2, tour de 10 cubes

  • A 4 ans, pyramide 10 cubes, puzzle 10 pièces

  • A 5 ans, escalier 10 cubes

Dyspraxie visuo-spatiale

= difficultés dans l'organisation du geste et le repérage spatial.

La dyspraxie visuo-spatiale (DVS) est la forme de dyspraxie la plus courante.

Ceux et celles qui en souffrent éprouvent des difficultés dans l'organisation du geste/regard et du repérage spatial.

Ainsi, il est difficile de contrôler les mouvements des yeux et de s'orienter dans l'espace.

Lorsqu'on souffre de dyspraxie visuo-spatiale, on se perd énormément, y compris dans des endroits bien connus.

Régulièrement on est taxé de maladroit. "Mais enfin pourquoi est-ce que tu n'as pas fait attention au trottoir?!"La distance a été mal perçue, les repères visuels ont été erronés.

En lecture, il est difficile de suivre les lignes comme si les yeux "sautaient".

En géométrie, l'enfant souffrant de dyspraxie se sent perdu face aux figures dans l'espace.

Dyspraxie non constructive

= difficultés dans la successivité et la séquentialité des gestes.

Instinctivement, lorsqu'on a acquis une nouvelle compétence, les gestes s'automatisent et il n'est plus nécessaire d'y penser. Ainsi, lorsqu'on marche, on pose un pied après l'autre sans se poser de question. Lorsqu'on court, le corps s'élance et entre en action.

Ces automatismes posent problème pour celui ou celle qui souffre de dyspraxie non constructive.

Une personne qui souffre de cette dyspraxie a besoin de plus de temps pour acquérir un automatisme et alors même que cet automatisme semble acquis, des difficultés se présentent en cas de stress, de fatigue ou de nouvel apprentissage venant compléter le premier.

Cette dyspraxie pose des soucis dans de nombreux domaines.

Généralement l'enfant dyspraxique marche tardivement. Plus grand, il est sujet aux chutes et entorses. Dès que la fatigue arrive, ses pieds s'emmêlent...

Si marcher est problématique, courir l'est plus encore. Les activités sportives sont difficiles.

Pourtant, certains dyspraxiques apprécient un sport, en particulier s'il s'agit de leur "bulle de compétence" car il arrive que, pour une série de gestes donnés, un domaine (enfin) ne pose pas problème. Par exemple, alors qu'un enfant ne peut pas courir, alors qu'il marche en slalomant en cas de fatigue, il se débrouille bien sur un vélo.

Outre des difficultés au quotidien (marcher donc, mais aussi, manger, boire, etc.) et dans son travail scolaire (dans quel ordre faut-il lever la main, la baisser, tourner la règle,... ), la personne souffrant de dyspraxie non constructive éprouve de grandes difficultés à apprendre la conduite. Le mieux est de passer en boite automatique pour alléger les automatismes à gérer.

Ces repères sont donnés à titre indicatif, il s'agit de moyennes.

  • 8 mois : Tient assis seul(e)

  • 14 mois : Marche

  • 24 mois : Course

  • 30 mois : Tient sur une jambe

  • 3 ans : Attrape un ballon avec les deux mains

  • 3 ans : Donne un coup de pied dans un ballon

  • 4 ans : Sautille sur place

  • 5 ans : Saute à pieds joints sans élan

  • 5 ans : Attrape une balle avec les deux mains

  • 5 ans : Fait rouler un ballon avec le pied

  • 7 ans : Saute à cloche-pieds


Dyspraxie de l'habillage

= difficultés à enfiler les vêtements, à les disposer dans le bon sens, etc.

Repères d'âge à titre indicatif

  • 2 ans, l'enfant aide à l'habillage et parvient même à remonter une fermeture éclair si elle est enclenchée.

  • 3 ans, il déboutonne les gros boutons, il enlève ses chaussures et des vêtements faciles à retirer. Il commence même à en enfiler quelques uns.

  • Vers 4 ans, il détache sa fermeture éclair, trouve l'endroit et l'envers des vêtements simples. Par contre, encore difficile de savoir quelle chaussure va à quel pied.

  • Vers 6 ans, même s'il a encore parfois besoin d'aide pour un bouton trop petit par exemple, il s'habille seul.


Dyspraxie idéatoire

= difficultés à utiliser les outils.

Celles et ceux qui souffrent de dyspraxie idéatoire éprouvent des difficultés à utiliser et manipuler les outils. Ainsi, ils parviennent difficilement à utiliser les ciseaux, un couteau, une règle, un compas, un tournevis,mais également une cuillère lorsqu'ils sont petits ou encore à craquer une allumette quand ils grandissent.

Repères d'âge à titre indicatif :

  • Manger seul avec une cuillère ou une fourchette : 3 ans

  • Tenir les ciseaux : 3 ans

  • Visser et dévisser de gros couvercles : 3 ans

  • Couper entre les lignes : 4 ans

  • Découper en suivant des courbes : 5 ans

  • Découper des formes complexes : 6 ans

  • Utiliser le couteau : 5 ans, couper la viande : 6 ans

Dyspraxie idéo-motrice

= difficultés à mimer, à réaliser des gestes symboliques et à imiter des gestes.

Ceux qui souffrent de cette forme de dyspraxie éprouvent des difficultés à mimer, réaliser des gestes symboliques et imiter des gestes du "faire semblant".

Par exemple, ils peinent à faire "chut" avec leur doigt, à jouer les "charmeurs de serpent" avec une flûte imaginaire. Un "simple" geste pour dire "au revoir" est difficile.

Cette dyspraxie est rarement isolée.


Dyspraxie oro-faciale

= difficultés à articuler, souffler des bougies, etc

La dyspraxie oro-faciale ou bucco-faciale implique des difficultés à articuler (on a le sentiment que l'enfant "mange ses mots"), à déglutir, à gonfler les joues, à souffler des bougies, à se moucher, etc.

L'ensemble musculaire bucco-faciale se trouve en difficulté.

Elle est rarement isolée et parfois classée dans les dysphasies.

En tant que parent, cette dyspraxie est la plus difficile à vivre.

Ne pas toujours comprendre ce que l'enfant dit, c'est une chose. Le problème le plus difficile, c'est le fait que l'enfant s'étouffe régulièrement...

Petit, les fausses routes ne sont pas rares. Plus grand, cela arrive trop souvent. Lorsqu'on ne sait pas, on peut être tenté de lui dire "Mais mange donc moins vite !". Bien sûr il arrive qu'il aille trop vite, comme tous les enfants pressés à un moment ou un autre, mais cela lui arrive bien plus souvent lorsqu'il est fatigué ou en double tâche... lorsqu'on lui pose une question, par exemple, alors qu'il mange.


Dysgraphie

= difficultés liées au geste d'écriture.

  • L’écriture de l’enfant est peu lisible ou bien il écrit lentement pour un enfant de son âge (pas de comparaison pour les plus jeunes, chaque enfant n’évoluant pas au même rythme).

  • ET l’enfant a mal en écrivant dans des conditions normales d’écriture (c’est-à-dire sans écriture « il faut se dépêcher" et sans mauvaises positions du corps ).

  • Une prise de conscience d’un mauvais positionnement éventuel et une rééducation en écriture n’ont pas résolu le problème alors que l’enfant souhaite pourtant s’appliquer


Soutenir une personne dyspraxique

Une personne dyspraxique, a fortiori lorsqu'elle souffre de plusieurs dyspraxies, est également très fatigable. Toute sa vie, elle va devoir compenser.

Il est donc important de lui donner du temps, de prendre en compte ce besoin de récupération.

Pour aider une personne dyspraxique, il est important de séquencer/découper les automatismes à acquérir, de commenter ce qui est fait et d'indiquer des repères.

De plus, évitez à tout prix la double tâche (on relâchera par exemple l'attention sur l'orthographe en cas d'expression et on ne donnera pas de double consigne).

Il est également important de l'encourager et de l'inciter à développer ses points forts.

Pour aller plus loin (dont pistes d'accompagnement), fichier gratuit sur la dyspraxie ici.

N'hésitez pas à fouiller sur le site : dans la rubrique "Accompagner", vous trouverez d'autres outils pour accompagner. Dans la rubrique Mathématiques, par exemple, vous découvrirez des tableaux pour mieux se repérer. Concernée à titre personnel, familial et professionnel, j'ai imaginé une petite héroïne dyspraxique, il s'agit de Mei. De plus, pour chacun de nos supports, nous nous efforçons de tenir compte au mieux des dys.


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