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Peur de l'échec et neuroatypie : quand le besoin de contrôle cache une recherche de sécurité

il y a 9 heures
5 min de lecture
Peur de l'échec et neuroatypie : quand le besoin de contrôle cache une recherche de sécurité

Et si la peur de l'échec conduisait au besoin de contrôle ?

Et si au lieu de parler de la nécessité de lâcher-prise, on réfléchissait aux raisons qui se cachent derrière ce besoin de s'accrocher à tout prix ?

Et si on se posait une question déstabilisante : faut-il absolument renoncer au contrôle ?


Au sommaire :


Autisme (TSA), Haut potentiel, TDAH et troubles dys : lorsque la peur de l'échec, l'anxiété et la surcharge envahissent tout !

"Je ne peux pas. J'y arrive pas !", s'exclame Louise.

Lorsqu'un enfant se trouve fréquemment en difficulté ou lorsqu'il ne semble pas vouloir vraiment commencer, on peut facilement penser qu'il ne veut pas essayer, qu'il ne veut fournir aucun effort. C'est parfois le cas, mais souvent, un autre problème se cache derrière ces refus.

Nous ne détaillerons cependant pas dans cet article les raisons pouvant conduire au refus d'étudier, nous les avons déjà abordées dans "Mon enfant de 6 ans refuse de travailler : que faire ? ".


De son côté, Gabriel réagit en faisant le "zouave". Il saute, s'agace, interrompt. Alors, certes, un TDAH peut expliquer partiellement son attitude. Cependant, il est possible que lui aussi soit envahi par la peur de se tromper et par un sentiment de surcharge.


Discrètement, Alice vient une fois encore de replacer sa mèche derrière son oreille. Sous la table, elle fait rouler les perles de son bracelet. Elle essaie de se réguler pour dépasser l'anxiété qui la gagne.


Trois enfants. Trois réactions. Des causes généralement différentes. Un problème commun : ils n'y parviennent pas/plus.

Ils sont envahis par la peur de l'échec, l'anxiété de performance et le sentiment d'être surchargés par les demandes qu'on leur fait ainsi que par leurs particularités neurologiques ou tout simplement leur évolution naturelle (car un enfant non prêt peut aussi se bloquer).

"Mais enfin, concentrez-vous !"

Face à eux, un parent ou un enseignant parfois tout autant déstabilisé.

La peur de l'échec n'est pas réservé aux profils neuroatypiques. L'envie de contrôler non plus d'ailleurs. Et "contrôler", ce n'est pas toujours un "gros mot" comme notre société moderne tend à le transmettre.

En effet, que fait-on lorsqu'une voiture glisse sur la chaussée ? On cherche à retrouver un certain contrôle pour éviter l'accident. Mais parfois, la meilleure stratégie, c'est de laisser glisser le véhicule, pas de freiner brutalement. Il ne s'agit bien sûr pas de dire qu'il faut laisser "glisser" l'enfant/de l'abandonner, mais de comprendre ce qui se joue à ce moment précis.


Besoin de sécurité et de contrôle pour reprendre pied


Autisme et besoin de contrôle

Le besoin de contrôle est donc en fait naturel. Plus encore lorsqu'une situation nous échappe. Chez certaines personnes, notamment dans des situations de surcharge et d'insécurité, il peut devenir particulièrement intense.


Or le discours psychologique habituel est d'encourager à lâcher prise, à renoncer à ce qui échappe à notre contrôle, à comprendre également que l'échec fait partie de tout processus d'apprentissage.

Bien des souffrances peuvent ainsi être évitées.


« La folie, c'est de faire toujours la même chose et de s'attendre à un résultat différent », citation attribuée à Albert Einstein

Concrètement, dans les apprentissages, qu'est-ce que cela signifie ?

Cela signifie : accepter.

Accepter pour l'adulte de faire autrement, accepter que chaque enfant est unique, accepter que ce n'est pas forcément la bonne approche ou pas le bon moment.

Accepter pour l'enfant qu'il va devoir passer par un moment inconfortable, qu'il ne va pas réussir du premier coup, qu'il doit sans doute faire autrement que ce qu'il fait en ce moment.

Et cette acceptation-là est plus ou moins compliquée à intégrer.


Ensuite, il s'agit de rassurer, encourager et chercher des adaptations et/ou d'autres approches comme nous pouvons le proposer avec nos kits thématiques basés sur la pédagogie de projet.


Et pourtant, ce n'est pas toujours si simple.

En fonction du caractère, de l'histoire, du moment, des attentes, des pressions ressenties, etc.

Et parfois, c'est méconnaître certaines réalités neurologiques.


C'est en particulier vrai lorsqu'on est concerné par l'autisme (TSA). Si les critères de diagnostic tiennent compte de la résistance au changement, du besoin de routine, des intérêts marqués, ce n'est certainement pas un hasard !

Et ce n'est pas une erreur de fonctionnement sous prétexte que la majorité des autres humains ne fonctionnent pas ainsi. C'est un mode de fonctionnement neurologique essentiel à prendre en compte.

La prévisibilité est souvent essentielle et lorsque la surcharge grandit, lorsque le sentiment d'insécurité s'accroit, le besoin de contrôle se multiplie !

On assiste alors à des attitudes qualifiées de psychorigides lorsqu'elles ne sont pas comprises : inflexibilité, refus de changer quoi que ce soit et répétitions. En réalité, ce sont des mécanismes de défense face à l'insécurité. Plus l'environnement est perçu comme déstabilisant et menaçant, plus la surcharge est grande et plus la stratégie de survie s'intensifie, plus le besoin de contrôle que ce soit par des refus de changer quoi que ce soit, par des répétitions ou même des phrases imposées à autrui, s'amplifie.


Neuroatypie : comment trouver l'équilibre entre besoin de contrôle et adaptation ?


L'erreur est alors de réagir par une volonté de contrôle car, en face, le sentiment d'insécurité grandit !

L'enfant autiste a absolument besoin d'un ancrage de toute urgence et s'il ne le le trouve plus dans son environnement parce que ses sens sont sur-sollicités, ses capacités relationnelles ou à masquer ou s'adapter ont été trop exploitées, il a besoin de l'obtenir par le contrôle.


Le challenge est alors conséquent pour l'adulte accompagnant, en particulier s'il est lui même autiste ou bien s'il ne connait pas ces spécificités.


L'adaptation va nécessiter plusieurs temps :

  • La gestion immédiate : soit laisser l'enfant reprendre le contrôle en se livrant à ses besoins visant à rééquilibrer la situation (attention tout de même au phénomène de réassurance car il peut vite devenir une habitude très envahissante), soit lui laisser de l'espace pour qu'il puisse retrouver des repères (en fonction de l'enfant, il peut avoir besoin de plus ou moins de présence à proximité- N'hésitez pas à découvrir notre kit SOS Surcharge pour aller plus loin).

  • Le temps de repos qui sera plus ou moins long afin de récupérer.

  • Le recours aux intérêts spécifiques qui sont de formidables outils de recharge.

  • Une approche souvent différente.


Comment réagir, quelle que soit la neuroatypie, face à la peur de l'échec ?


A partir des particularités de l'enfant, on peut définir ce qui peut être modifié. Parfois, il s'agit simplement d'une meilleure adaptation à ses sensibilités car la surcharge sensorielle le place en difficulté puisqu'il doit constamment compenser, ce qui lui prend énormément d'énergie, compromet sa capacité à se concentrer et donc tend à créer un sentiment d'incompétence ! Et cette particularité-là n'est pas réservée à l'enfant autiste, elle est valable pour tout enfant avec hypersensorialité.


Parfois, également pour un motif de surcharge à éviter, ce sont des aménagements et adaptations spécifiques au profil particulier de l'enfant (TDAH, dyslexie, dyscalculie, dyspraxie, autisme, etc.) qui vont changer la donne. L'échec induit n'est jamais à négliger !


Et parfois, il est essentiel de choisir une autre approche.

Dans le Monde de Mei et Noé, nous avons choisi la pédagogie de projet car nos kits thématiques offrent un cadre ouvert, sécurisant, tourné vers le sens où on apprend par immersion au lieu d'imposer des restitutions souvent stressantes. En étant ancré dans son thème, en agissant, en explorant et souvent en manipulant, l'enfant retrouve du sens et une motivation.

De plus, la structure identique des sous-thèmes et des kits permet de créer un ancrage rassurant particulièrement adapté pour les enfants autistes, mais pas seulement ! En effet, le cerveau humain aime les routines, elles lui demandent moins d'efforts.


N'hésitez pas à partager votre propre expérience sur le besoin de contrôle et les choix que vous avez pu faire.


Images Pexels


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À propos de l'auteure :
Enseignante de formation et spécialiste reconnue de l'Instruction en Famille (IEF) et de la neurodiversité (Dys, TDAH, TSA, HPI), Isa Lise a créé Le Monde de Mei et Noé en février 2018 pour mieux accompagner les familles. Auteure de guides pédagogiques de référence publiés aux éditions Eyrolles et L'Instant présent, elle conçoit avec son équipe les programmes et kits immersifs du Monde de Mei et Noé, une approche rigoureuse et alternative validée par des milliers de parents.

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