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Quelles alternatives aux dictées pour devenir "bon" en orthographe ?

Dernière mise à jour : 13 févr.


Champion en orthographe, alternative aux dictées

Avertissement : cet article est plutôt long afin de bien présenter les particularités de l'orthographe et des alternatives à la dictée.


Contrairement à deux idées répandues, les dictées et le fait de lire beaucoup ne garantissent pas d'être bon en orthographe. Côté dictées, elles engendrent trop souvent des pertes de confiance en soi (dans notre article de la semaine dernière, nous évoquions différentes dictées, pourquoi elles étaient généralement problématiques et quels avantages certaines présentaient). Côté lecture, le lecteur peut en effet passer très vite sur les mots pour se concentrer sur l'essentiel : le contenu de ce qu'il lit. C'est ainsi que les mots défilent et que régulièrement on s'étonne "pourtant il lit beaucoup" (mon grand-père a ainsi connu l'époque des dictées fréquentes et fut un grand lecteur jusqu'à ses 90 ans et pourtant il resta "fâché" avec l'orthographe).


Pour bien comprendre comment aider un enfant, un adolescent ou un adulte à s'améliorer en orthographe, il importe de comprendre quelques points essentiels avant de découvrir les alternatives aux dictées.


Le facteur temps : maturité neurologique et psychologique nécessaires pour bien orthographier

Avant même de chercher comment améliorer l'orthographe, il est essentiel de comprendre que chacun n'est pas prêt au même âge. Il me semble toujours curieux que chacun s'entende à dire que les enfants ne parlent pas et ne marchent pas au même âge et que pourtant, trop souvent on imagine que les enfants lisent au même âge ou bien soient capables de prêter attention à l'orthographe au même âge.

Nous avons tous un rythme personnel.

Or pour prêter attention à l'orthographe, il y a deux clés essentielles :

  • être prêt psychologiquement (c'est-à-dire éprouver de l'intérêt à s'appliquer pour orthographier correctement les mots), beaucoup ne sont en fait pas prêts avant 14 ou 15 ans quand d'autres, plus rares, le sont à 7 ou 8 ans ! Parfois le rendez-vous ne vient jamais, simplement parce qu'il y a eu "dégoût de l'orthographe".

  • être prêt neurologiquement : comme pour la marche et la parole, nous ne sommes pas prêts au même âge. De plus, certains souffrent de dysorthographie, il est donc beaucoup plus compliqué pour eux de réussir à "bien écrire".


L'orthographe : 4 zones de risque, 4 points essentiels auxquels prêter attention

Selon Bessonat, Cordary et Ducard («Conflits de tendance et dialogue pédagogique, du collège au lycée». Le Français d'aujourd'hui, no 122, 2002), il existe 4 zones de risque. Avis que je partage :

  • correspondances phonographiques

  • chaînes d'accord

  • finales en "é" : faut-il écrire ez, er ou é (et faut-il accorder) ?

  • homophones, plus particulièrement homophones grammaticaux

Plutôt que de proposer un exercice comme la dictée classique qui oblige à prêter attention à trop de particularités en même temps, il semble donc judicieux de prêter attention séparément à chacun de ces points.


Orthographe : améliorer les correspondances phonographiques, mieux écrire ce qu'on entend

  • Lire à voix haute pour entendre ce qu'on écrit

La première astuce est de lire à voix haute ce qui est écrit. Ainsi dans les accompagnements que j'ai pu réaliser, les enfants accompagnés étaient souvent surpris de découvrir que ce qu'ils lisaient n'étaient pas ce qu'ils avaient cru écrire. Lire "Je me suis assis sur mon cousin" (sic), c'est prendre conscience qu'il y a un petit lézard dans le mot. ;) Et à la limite plus l'erreur est grosse, plus elle peut amuser et mieux on va ensuite y prêter attention. On sort ici de la froide dictée qui cumule les points rouges.

  • Bien écrire avec des jeux

Scrabble, mots croisés, mots fléchés, mots mêlés et bien d'autres jeux sont des occasions de prêter attention aux mots pour bien les orthographier.

Nous en ajoutons systématiquement dans nos kits à thèmes.

  • Les défis mots pour bien orthographier

Les défis mots sont des défis plutôt scolaires, mais qui intéressent l'enfant qui les réalise.

Il s'agit par exemple d'épeler des mots ou bien de compléter des dictées muettes (face à une image, plusieurs cases correspondant au nombre de lettres à écrire, nous en proposons un certain nombre).

On peut également lancer des défis dictionnaires avec le dictionnaire visuel à compléter pour les plus jeunes et un mot par jour ou par semaine à découvrir et à copier pour les plus grands.

  • Des défis ciblés pour comprendre les règles d'écriture et bien orthographier

Des exercices ciblés permettent de bien prêter attention à des règles d'écriture. En effet, contrairement à ce qu'on dit souvent, le français n'est pas aussi aléatoire qu'on le croit. Il est construit notamment à partir du latin et du grec. Les connaître peut être un plus pour bien orthographier ; cependant, sans aller jusque là, bien connaître certaines règles comme par exemple le fait que le son "j" s'écrit quasiment toujours avec un "g" devant "i" et "y" ou bien connaître les principaux préfixes et suffixes ou encore savoir tout simplement que des mots d'une même famille ont des règles communes (par exemple 2 "m" à "communes" et "communément").

Pour ces exercices, on peut utiliser différents supports : exercices ciblés, exercices pour construire des mots dérivés ou même pour en inventer.


Bien comprendre les chaînes d'accord et les finales en "é"

Pour bien orthographier, il importe également de savoir que de nombreux mots sont liés. Certains sont invariables : ils ne changent jamais.

D'autres, au contraire, s'accordent.

Les principaux accords sont entre le nom noyau et son cortège (déterminants, adjectifs, propositions relatives) et entre sujets et verbes.

Il va donc être utile de repérer les uns et les autres et de découvrir qui est lié avec qui.

  • Défis ciblés

Là encore les défis ciblés sont particulièrement utiles.

  • Des relectures particulières

On peut également proposer différents types de relecture un peu différentes pour motiver l'apprenant.

Par exemple, on peut lui proposer de relire son texte avec un petit groupe ou bien en compagnie d'un autre enfant. La relecture doit être un moment d'échanges et surtout pas un moment de moqueries pour les erreurs de l'autre.

On peut également proposer un texte avec erreurs et demander à l'apprenant de repérer les erreurs. Cette pratique est souvent valorisante pour l'enfant.

On peut enfin proposer d'écrire au crayon de bois ou avec un logiciel de texte. La relecture est faite avec l'adulte durant un temps bref (l'adulte attire l'attention de l'enfant sur un nombre limité de phrases ou avec une consigne du jour "bien écrire ce qu'on entend" ou "bien accorder les verbes" par exemple) ou la relecture est totalement faite par l'adulte qui présente le texte sans erreurs à l'apprenant.


Bien orthographier les homophones, en particulier grammaticaux

  • Comprendre ce qu'on écrit

La première des clés est d'avoir un vocabulaire suffisamment varié et "construit". "Construit" est à prendre dans le sens de "qui a une signification réelle". En effet, bien des mots sont utilisés sans même savoir ce qu'ils veulent dire or si on ne sait pas ce que veulent dire les mots qu'on écrit, il est bien plus compliqué de savoir comment les écrire.

On pourrait penser à des mots complexes, mais parfois ça concerne aussi des mots simples.

Un des exemples les plus simples et essentiels est le petit mot "a/à". Pour bien des enfants, ce mot banal n'a pas d'importance, il est surtout très ennuyeux car parfois on lui ajoute un accent et parfois non. On peut se baser sur son origine pour en expliquer les différences, mais en fait, ça ne parle pas à de nombreux enfants. Par contre lorsqu'on précise que "à" a un accent sur la tête car il indique un lieu, une direction, un peu comme s'il portait une flèche sur la tête, bien des enfants comprennent mieux de quoi il retourne.

  • Des défis ciblés

Une fois encore, des défis ciblés sont utiles. Attention tout de même, lorsqu'il s'agit de défis où il faut choisir entre deux homophones, il est essentiel de s'assurer tout d'abord que les différents homophones ont bien été compris individuellement. En effet, dans le cas contraire, si on propose d'emblée les deux homophones, bien des enfants procèdent plus ou moins par hasard. D'autres veulent se souvenir de la règle "je peux remplacer par "avais"" et hop ils écrivent "à", tout simplement parce qu'en fait ils savent qu'il y a une règle, mais ils ne savent plus à quel homophone ça correspond ! Or trop d'exercices offrant l'alternative entre deux homophones non acquis provoque parfois l'effet inverse ! L'enfant pratique la conservation et applique la "règle" à tout et n'importe quoi.

Prendre plaisir à écrire avant et afin de bien orthographier : l'alternative essentielle aux dictées

En fait, avant même de s'interroger sur l'orthographe, on devrait systématiquement se souvenir de la raison essentielle pour laquelle on écrit.

Or la principale raison pour laquelle on écrit n'est pas de former des jolies lettres, elle n'est pas d'aligner des mots savamment orthographiés.

La principale fonction de l'écrit est de communiquer : communiquer pour soi et pour les autres.

Les plus "puristes" diront que l'orthographe est essentielle pour bien communiquer et, à vrai dire, j'ai aussi tenu ce discours là avant d'avoir deux filles dysorthographiques.

Or j'avais pu constater combien l'acharnement à ce que mes frères écrivent bien les avaient détourné de l'écriture. J'avais ensuite fait le même constat pour TOUS les enfants accompagnés en difficulté d'orthographe et qui collectionnaient les 0 aux dictées. Et lorsque l'amoureuse des mots que je suis a voulu insister pour l'orthographe, j'ai senti la crispation face à moi. Très vite, j'ai choisi de miser sur la confiance et le bonheur de rédiger. Par conséquent, j'ai pris le pari de proposer des défis ponctuels, et surtout surtout de leur proposer de très nombreuses occasions de rédiger en relisant systématiquement leurs écrits (sauf si elles souhaitaient ne pas les partager) et en leur donnant la version relue (quasiment toujours sur un logiciel de texte car il est ainsi bien plus facile d'avoir un texte "propre").

Le résultat a été que mes deux filles ont toujours adoré imaginé des textes, que la dysorthographie de l'une a permis un niveau d'orthographe moyen tandis que l'autre s'est vue constamment complimentée à la faculté et sollicitée par ses pairs, cela malgré une dysorthographie en fait beaucoup plus forte mais avec une confiance en elle préservée (contrairement à sa soeur qui a connu les dictées de l'école et les "peut mieux faire").

En 16 ans d'expérience auprès des familles sans école, j'ai pu échanger avec des milliers de familles et ces expériences sont très loin d'être isolées. Les retours de bons résultats orthographiques sont fréquents, y compris pour des enfants qui connaissaient de vraies difficultés, lorsqu'il y a eu activités ciblées et surtout bonheur d'écrire nourri.


En clair, il s'agit de mettre la créativité à l'honneur.

Dans cet objectif, les plus petits (et les plus grands) peuvent s'amuser en dessinant avec et autour des mots, ils peuvent jouer les détectives de l'orthographe (par exemple ici), ils peuvent créer avec la Magie des mots (niveau 1, niveau 2, ados et adultes) ou en utilisant de nombreux défis y compris défis expression de nos kits ou programme créatif.

Comme pour toute pratique, rien ne remplace l'expérience.

C'est pourquoi il est en fait essentiel de ne pas briser l'élan car c'est lui qui va permettre l'expérience, d'apprendre de ses erreurs et de s'améliorer encore et encore. Pour certains, pratiquer sera suffisant car ils observeront seuls. Pour d'autres, il y a besoin d'explications. Comme le dit le proverbe "c'est en forgeant qu'on devient forgeron" et bien c'est en pratiquant le bonheur de choisir ses mots qu'on apprend à écrire correctement.


Pour aller plus loin, découvrez notre pôle excellence.

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