Besoin de mouvements : Le besoin fondamental de bouger chez l'enfant


L'enfant a fondamentalement besoin de bouger. Pas seulement l'enfant hyperactif qui lui a des besoins encore plus grands. L'enfant déborde d'énergie Ainsi, en 2018, Sébastien Ratel, maître de conférences à l'université Clermont-Auvergne, a comparé les performances physiques et les marqueurs physiologiques d'un groupe d'enfants âgés de 10 et 11 ans avec celles d'un groupe d'adultes et avec celles d'un groupe d'athlètes spécialisés dans les sports d'endurance. Mébaboliquement, les enfants se sont révélés semblables aux athlètes et les ont dépassé en termes de récupération physique ! (article ici et ). Premier malentendu scolaire : contraindre cet enfant qui explore le monde avec son corps à rester tranquille. Ce n'est pas pour rien si les écoles Montessori emportent un grand succès : les enfants peuvent se déplacer et ils apprennent en manipulant. Véronique Girard, psychosociologue dans "Le corps de l'enfant à l'école" en 1980: "Lorsqu'on sait que l'enfant forge son tonus postural entre six et huit ans, que c'est l'âge du primaire, et que ces enfants là sont très souvent assis à leur table pendant six heures par jour, cela pose un problème... On demande à la fois à l'enfant d'être réceptif à un enseignement et on le met dans un état de tension tel qu'il ne peut pas être réellement ré­ceptif. En fait, le mouvement est une nécessité physiologique, c'est un be­soin, c'est la pulsion de vie de l'enfant, et le supprimer, couper l'enfant de cette pulsion de vie, c'est lui couper son état d'être..." Dr Guy Vermeil, pédiatre, dans La Fatigue à l'école en 1976 : "Le besoin de mouvement est fondamen­tal, aussi indispensable que de res­pirer, et l'écolier qui supporte ai­sément le régime scolaire actuel qui exige de sa part des heures d'immobilité est anormal. Le besoin de mouvement est partiellement satis­fait par des exercices d'éducation physique contrôlés. Mais il lui faut aussi des moments d'activité libre et désordonnée. Les deux types d'activité sont indispensables et ne se remplacent pas l'une l'autre." A titre indicatif, cet homme de science a également écrit : "le principe du tronc commun porte en lui l'injustice et la vraie démocratisation de l'enseignement passe par la diversification des méthodes". Respecter le besoin de mouvement de l'enfant Les enfants n'ont en réalité pas exactement les mêmes besoins de mouvement. Pour certains, bouger peu assez tôt n'empêche pas la concentration et le manque de déplacements ne leur pèse pas vraiment, ils ne représentent pas la majorité des enfants. D'autres ont des besoins modérés et d'autres enfin ont des besoins forts à très forts.

  • Offrir suffisamment de possibilité de mouvements. Dans cet article paru dans Santé-environnement (clic), vous pourrez découvrir plusieurs pistes pour favoriser les mouvements naturels.

  • Pour ma part, je rêve encore et toujours d'une école qui change en commençant par intégrer la possibilité de se déplacer, de changer de position. Certaines écoles l'ont parfaitement compris et, en instruction en famille, je vous encourage vivement à permettre ce mouvement naturel. A défaut de cette prise en compte à l'école, des alternatives existent comme par exemple un bureau balançoire et un vélo pupitre évoqués.

  • Ne vous formalisez pas d'un enfant qui apprend la tête en bas, les pieds en l'air ou en marchant. En réalité, c'est naturel pour probablement la totalité d'entre nous : je ne connais personne qui a besoin d'apprendre strictement dans la même position statique, des enfants avec ce besoin existent peut-être, je n'en ai pas encore rencontré.

  • Demander de rester tranquillement à table n'est pas possible pour tous et surtout pendant un temps long. Afin d'apprendre progressivement à patienter, on peut demander tout d'abord un temps court avec possibilité de bouger sur sa chaise. Observer, encourager.

  • L'être humain a évolué. Autrefois, il était nomade. Est-il aujourd'hui tellement différent d'autrefois qu'il est fait pour rester immobile ? J'en doute. Pour ma part, je n'ai jamais été sportive, mon corps refusait de suivre. Aujourd'hui adulte, je ne suis toujours pas sportive. En revanche, je peux constater que trop de temps sans mouvements ankylose mon corps, je peux constater que le mouvement me permet de retrouver du souffle. Alors on bouge ? ☺

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