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Isa LISE est enseignante de formation, spécialiste de l'IEF et de la neurodiversité. Forte de son double regard de mère d'enfants neuroatypiques et d'adulte concernée, elle se met au service de votre famille.

Ce que les critiques de la théorie des intelligences multiples oublient souvent

Ce que les critiques de la théorie des intelligences multiples oublient souvent

Lorsque j'ai découvert la théorie des intelligences multiples d'Howard Gardner, j'ai d'abord été enthousiaste. Pas parce que j'adhère à tout, mais parce qu'elle explique comment un enfant avec un fort QI peut se trouver en difficulté et parce qu'elle indique pourquoi des enfants peuvent apprendre autrement.


Cette théorie est cependant controversée et si certaines critiques me semblent fondées, s'y arrêter, c'est risquer de passer à côté d'idées essentielles.


Sommaire


Des critiques existent, certaines sont légitimes


Certains chercheurs qualifient cette théorie de neuromythe en affirmant qu'elle n'est pas validée scientifiquement.

Des observations ont été menées afin d'évaluer l'apport de cette théorie. Cependant, on leur reproche des problèmes méthodologiques, notamment la petite taille des échantillons, l'absence de groupes témoins ou un manque d'informations sur les outils utilisés pour évaluer les résultats.


On reproche aussi l'absence d'outils précis pour mesurer les formes d'intelligence définies.


Certains contestent également la limitation à 8 formes d'intelligence. Par exemple, Daniel Willingham, psychologue, a notamment souligné que certaines capacités essentielles, comme la mémoire, ne figuraient pas parmi les intelligences définies par Gardner. Toutefois, la mémoire ne m'apparait pas comme une forme d'intelligence, mais comme une fonction cognitive mobilisée dans tout apprentissage. Cependant, existe-t-il d'autres formes d'intelligence non prises en compte dans la classification d'Howard Gardner et qui mériteraient de l'être ?

Dans les années 1990, les psychologues Peter Salovey et John D. Mayer, puis Daniel Goleman se sont intéressés à l'intelligence émotionnelle. Or cette forme d'intelligence trouve aussi un écho dans l'intelligence interpersonnelle et l'intelligence intrapersonnelle définies par Howard Gardner.


Cela signifie-t-il que les formes d'intelligence définies par Howard Gardner sont les seules à identifier ? Difficile d'en être certain(e), on pourrait toutefois analyser chaque intelligence et songer qu'elles peuvent parfois être divisées ou complétées. Ainsi on peut exceller avec les chiffres et manquer de logique dans des situations de vie pratique ou, à l'inverse, on peut disposer d'un esprit très logique et éprouver des difficultés avec les calculs.


De plus, on reproche à la théorie des intelligences multiples d'enfermer l'enfant dans une catégorie, de le limiter à une forme d'intelligence.

C'est en effet une réalité si on se contente de dire, par exemple, que l'enfant a une intelligence corporelle-kinesthésique forte et qu'on s'arrête là.


Mais les critiques répondent-elles vraiment à un accompagnement tourné vers l'enfant ?


Maintenant reprenons les critiques et les besoins des parents et enseignants ainsi que ceux des enfants.

Que souhaite réellement un parent ou un enseignant désireux d'accompagner au mieux un enfant ?

En fonction de ses besoins, il peut être plus ou moins attaché à des preuves scientifiques rassurantes. Cela ne me semble cependant pas l'objectif premier d'un parent ou pédagogue qui vise surtout l'intérêt supérieur de l'enfant.


Un parent ou un enseignant désireux d'accompagner au mieux un enfant cherche à comprendre pourquoi et comment un enfant apprend mieux, comment l'aider et l'accompagner au mieux.

Il cherche des angles de réflexion et des pistes concrètes.

C'est exactement ce que j'explique dans mon article-témoignage "De l'échec scolaire à l'excellence en utilisant les intelligences multiples".


Ce que les critiques des intelligences multiples oublient souvent


Ces critiques de la théorie des intelligences multiples font toutefois l'impasse sur l'origine de la théorie d'Howard Gardner. Une origine en lien avec les tests de QI qu'il accuse d'offrir une vision réductrice de l'intelligence et de ne pas suffisamment s'intéresser à d'autres capacités qu'un don mathématique et/ou verbal (ce à quoi s'intéressent essentiellement les tests de QI).


Cette théorie nous invite en fait à :

  • regarder autrement l'enfant,

  • à mieux réaliser ses forces,

  • mais aussi à identifier des points de fragilité,

  • et à réaliser la variété des profils d'apprentissage.


Et pour y parvenir, elle nous encourage à varier nos approches pédagogiques et l'accompagnement proposé à l'enfant.


Ainsi, on permet à l'enfant de grandir en confiance et de se savoir capable !

Par exemple, un enfant en difficulté en mathématique peut être particulièrement habile dans le bricolage.


Ok, me direz-vous, c'est très bien pour sa confiance en lui, mais cela ne lui permettra pas de réussir son instruction. Et bien, si car cela peut devenir un formidable moteur pour les apprentissages.


Comment la théorie des intelligences multiples permet d'améliorer notre IEF

Ce que cette théorie permet d'améliorer dans notre accompagnement pédagogique


Il suffit d'observer : alors qu'un enfant soupire, se décourage tandis qu'on lui demande de mesurer et calculer, il peut tout à coup devenir passionné en se lançant dans un bricolage et ainsi calculer, mesurer et s'améliorer jour après jour !


L'idée essentielle est donc de proposer des expériences variées.


Selon moi, on peut même aller plus loin grâce à la pédagogie de projet telle que je l'ai développée puisqu'elle permet de multiplier les expériences et de solliciter toutes les formes d'intelligence.


La pédagogie de projet évite de plus l'écueil "une seule forme d'intelligence" car il m'apparait qu'il ne faut pas se limiter à une forme d'intelligence, mais au contraire, comprendre que développer TOUTES les formes d'intelligence est essentielle pour que chaque enfant se sente intelligent et pour équilibrer forces et fragilités..


La scolarité classique présente d'ailleurs cette double limite :

  • elle met de côté les enfants dont l'intelligence mathématique et/ou linguistique est faible ou plus fragile ;

  • et elle se concentre sur deux compétences quand la vie et nos modes de fonctionnement personnels sont autrement plus riches et variées !


Ecarter cette théorie, c'est passer à côté de compétences à développer soit parce qu'elles sont fortes pour l'enfant, soit parce qu'elles sont utiles, c'est aussi écarter une approche pédagogique basée sur l'observation fine.

La théorie d'Howard Gardner n'est donc pas à appliquer en tant que "une intelligence" à prendre en compte, elle est à utiliser comme une grille d'observation et d'enrichissement pour une instruction au plus proche des besoins de l'enfant.


Pour aller plus loin



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✅ Découvrez nos kits thématiques créés en suivant une pédagogie de projet particulièrement complète et où toutes les formes d'intelligence sont mises à l'honneur. Commande possible à tout moment.


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Images pexels


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